Coin Ciné | The Young Lady

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Il y a des jours où j’ai envie de m’enfermer seule dans une obscure salle de cinéma et oublier les heures qui s'écoulent. J’avais cette habitude pendant les périodes solitaires de mon adolescence, où je me sentais tout sauf à ma place dans le microcosme des cours de récréations. Pour échapper à la morosité et à l'ennui des salles de classe, je prenais souvent un ticket à la sortie des cours pour aller voir un film dans un cinéma d'art et d'essai lyonnais: le Comoedia. Me sentant un peu nostalgique de cette période, je suis récemment retournée au Comoedia, seule, pour visionner « The Young Lady ».

Tout d’abord, il faut dire qu’on en avait fait des pataquès de ce film. Revue sur revue l’encensait comme un des films de l’année 2017 et j’avoue que la bande-annonce m'avait beaucoup intriguée. Par ailleurs, je suis littéralement obsédée par la période victorienne et l’histoire du féminisme, du coup le film me semblait vendre un peu des deux: une jeune fille, mariée pour un lopin de terre à une espèce de mollusque dominé par un père tyrannique, qui va se rebeller pour pouvoir vivre une relation illicite avec un palefrenier, tout aussi lâche que le mari-mollusque en fin de compte… 😞

Une chose est sûre, ce film surprend. L’héroïne est une femme passionnée, redoutable d’intelligence et le monstre qu’elle devient progressivement trouve ses racines dans la manière ignoble et dégradante que la société et les hommes de son époque traitaient les femmes, non pas comme des êtres humains, mais comme des objets pouvant se vendre, s’acheter ou être utilisés à souhait pour leurs intérêts ou leurs besoins primaires. 

Néanmoins, bien que l’idée du scénario fût admirable, j’ai trouvé qu’elle a été poussée (un peu) trop loin et qu’on est finalement tombé dans un univers absurde où les actes posés par les différents personnages ne faisaient plus vraiment sens, mis à part un désir profond d’autodestruction, d’égoïsme ou de sacrifice victimaire, selon les personnages. 

A noter également que pour un film tourné avec un très petit budget, les décors sont très fidèles à l'esthétisme de l'époque. Pendant certaines scènes, j’avais parfois l’impression de revenir à « Orgueil et Préjugés », notamment celles qui se déroulaient au salon ou dans les bois. 

Je suis partie voir ce film pensant que ce serait une histoire d’amour assez conventionnelle et j’en suis ressortie estomaquée. L’intrigue amoureuse n’avait été qu’un prétexte pour poser une vraie critique du statut des femmes et des domestiques à cette période, tout en prenant soin de montrer les parts d’ombre de chaque personnage et les ressorts psychologiques malsains utilisés qui mèneront au sacrifice d’une âme innocente. Un scénario audacieux, de très bons acteurs et de beaux décors: je recommande! 😊
 
Stay inspired. 

The Young Lady, film britannique réalisé par William Oldroyd, (sorti en juillet 2016)

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